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Caisse qu'un plan'heures ?

monoplace en train d'enrouler une bulle thermique

Un plan'heures, comme son nom l'indique, est un engin qui plane pendant des heures et des heures.

Mais pourquoi diable plane t'il aussi longtemps ?

Et bien, vous répondrais-je, il plane tout simplement parce que le pilote qui est dedans ne s'en lasse absolument pas.

Et vous n'êtes pas prêt de le faire redescendre.

Plus sérieusement, le planeur est un aéronef non moto-propulsé qui exploite (au même titre que les engins de vol libre) les mouvements de la masse d'air afin de se maintenir en l'air, gagner de l'altitude (au sein d'ascendances), puis voyager (d'ascendance en ascendance) grâce à l'altitude gagnée.

 

Comment décolle un planeur (vu qu'il n'a pas de moteur) ?

Pour décoller, plusieurs dispositifs d'envol sont (ou ont été) utilisés :

Le Remorquage : (le plus courant)
Le planeur est attaché à l'aide d'un câble à un avion remorqueur. L'avion emmène le planeur jusqu'à une hauteur suffisante où le pilote du planeur pourra exploiter une ascendance. Le pilote de planeur tire alors la commande de larguage et le planeur est libéré.

Le Treuil : Le planeur est accroché au bout d'un câble d'environ 1000 mètres de long, le câble est embobiné rapidement, ce qui permet de faire grimper le planeur à une hauteur avoisinant les 400 mètres. Il existe aussi des "super-treuils" équipés d'un puissant moteur diesel où la vitesse de treuillage est extraordinaire ; 200 km/h en 4s, le pilote subit 2g soit 2 fois le pois de son corps. Ces "super-treuils" nous viennent de la seconde guerre mondiale, les allemands s'en servaient pour faire décoller leurs planeurs.

Le Moto-planeur (Dispositif d'envol incorporé) : Le planeur dispose de son propre moteur qu'il peut allumer ou éteindre à volonté (certains moteurs peuvent même être rentrés dans la carlingue pour améliorer les performances du planeur).

Le lancer au sandow avec des boeufs (eh oui ça a existé, à l'époque héroique où les planeurs étaient relativement légers et les moyens techniques limités).
Aujourd'hui, ce type de lancer n'est plus pratiqué.

Le décollage à pied : réservé à certains planeurs légers appartenants à la catégorie "PUL" (Planeurs Ultra Légers).

Et aprés ?

Une fois le planeur "lançé" à une altitude suffisante (qui dépend des conditions aérologiques du moment) son pilote va chercher à exploiter des ascendances dynamiques ou thermiques, lui permettant au mieux de monter (emmagasiner de la hauteur), au pire ne pas descendre en attendant l'ascendance salvatrice.

Une fois une altitude suffisante atteinte (à son goût), le pilote va transiter vers une autre zone d'ascendance et cheminer ainsi de suite jusqu'à atteindre l'objectif qu'il s'est fixé.

Et il va loin ?

Des fois oui, des fois non. tout dépend de la capacité du pilote à bien analyser la masse d'air, à prévoir l'évolution des conditions aérologiques du jour, à faire les bons choix. Un pilote expérimenté dans une machine plus performante lors d'une journée "fumante" aura plus de chance qu'un novice, dans une vielle machine une journée médiocre.

Nombre de pilotes ont dépassé les 1000 kilomètres, certains en circuit fermé (retour au point de départ). Deux pilotes français ont même un jour décollé des Alpes pour aller se poser au Maroc !!!

exploitation situation d'onde en planeur biplace

Comment se pilote un planeur ?

Pour diriger le planeur, le vélivole confortablement installé dans le cockpit actionne :

Un manche à balai

  • de gauche à droite pour incliner les ailes (axe de roulis)
  • de bas en haut pour cabrer ou piquer (axe de tangage)

Un palonnier

  • pour orienter le nez du planeur à droite ou à gauche (axe de lacet)

Un bon pilotage consiste en un subtil dosage combiné de ces deux commandes.

D'autres commandes sont utilisées sur les planeurs :
Aérofreins (pour augmenter le taux de descente en vue de se poser)
Volets de courbure (pour optimiser les performances du planeur à basse ou haute vitesse)
Compensateur de profondeur (pour régler une vitesse de vol)
Larguage (pour se détacher du câble)
Train rentrant (certains planeurs, pour plus de performances, peuvent escamoter leurs roues)
Ballast (pour vider les réservoirs d'eau qui, remplis, permettent d'accéder à une plus grande vitesse de croisière)
...

Quels sont les instruments utiles à la vol ?

L'instrument le plus important en vol à voile et le plus rudimentaire est le fil de laine !!! Placé sur la verriere devant le pilote, il permet de s'assurer que l'écoulement de l'air est parfaitement symétrique autour du planeur et donc que les performances sont optimum (sur la photo ci-dessus, le fil de laine nous indique que le vent relatif vient de la gauche et que le pilote doit donc actionner le palonnier vers la gauche pour remettre l'engin dans l'axe du vent relatif).

Viennent ensuite :

L'altimètre (qui permet de juger de son gain d'altitude et de vérifier que l'on est encore assez haut pour rejoindre un terrain d'atterissage), le variomètre (qui donne une indication de taux de montée par rapport au sol), l'anémomètre ou "badin" (qui donne la vitesse de vol du planeur), l'anneau Mac cready (anneau calculateur permettant d'optimiser la vitesse en fonction des conditions de vent rencontrées), compas (pour garder son cap), radio (pour communiquer avec le sol), et parfois d'autres instruments plus poussés tels que variomètre compensé, ordinateur de bord, GPS, transpondeur (pour naviquer dans des zones réglementées), ...

Qui peut pratiquer ?

On peut commencer l'apprentissage vers 14 ans. On ne pourra toutefois piloter le planeur seul (lacher solo) qu'à 15 ans révolus. La pratique du vol à voile est soumise à une aptitude médicale spécifique (visite périodique).

Combien ça coûte ?

Compter approximativement 1500 Euros par an (entre 7 et 30 Euros un remorqué, entre 7 et 15 Euros une treuillée, entre 10 et 30 Euros de l'heure suivant l'appareil + environ 200 Euros de licence + cotisation club)

La Fédération Française de Vol à Voile, il fut un temps, proposait des bourses pour les jeunes Possibilité de bourses jeunes (voir F.F.V.V.) .

Faut-il un brevet ?

Progression

La progression en planeur comporte plusieurs niveaux.

On commence tout d'abord par voler en double commande avec un instructeur qui se trouve en place arrière.

Lorsque l'instructeur juge que le niveau de l'élève pilote est suffisant (15 à 45 vols / 5 à 15 heures de vols environ - trés variable suivant capacités et expériences aéronautiques antérieures de l'individu), l'élève est "Laché" seul sur une machine monoplace.

Il continue ensuite sa formation en effectuant encore quelques heures de vol en simple et en double commande. Il peut alors passer son brevet théorique (QCM) et passer ensuite un examen en vol (2 vols en général avec exercices particuliers) pour obtenir son "Brevet de Pilote de planeur". Brevet qui lui donnera droit de voler seul sur n'importe quel aérodrome ou se pratique l'activité (hormis les aérodromes à exigences particulieres) aprés, bien entendu, un petit vol de présentation du site par instructeur.

Le vélivole peut ensuite (avec un minimum d'heures de vol) passer des qualifications complémentaires :

  • Emport Passager / Vol d'Initiation
  • Qualifications de type (différents appareils)
  • Autorisation de vol sur la campagne
  • Qualification Montagne
  • Instructeur TT (pilotage)
  • Instructeur VV (vol à voile)
  • ...

 

Quels sont les différents type de planeurs ?

Bois et toile (ancienne génération)

- Monoplace

- Biplace (tandem ou plus rarement côte à côte)

- Voltige

- Modèles réduit

 

A quelle vitesse ?

Les plages de vitesse d'un planeur sont environ 60 à 140 km/h pour les anciens modèles bois et toile

Plus couramment entre 80 km/h à 250 km/h pour les modèles plus récents

Certains peuvent même avoisiner voire dépasser les 300 km/h en aérologie calme.

A quelle altitude ?

mais comment est-ce possible de monter si haut ?

Les planeurs évoluent en général à des altitudes identiques à celles des autres aéronefs de vol libre (parapente, deltaplane, rigides, ...). C'est à dire à des altitudes comprises entre un centaine de mètres / sol (exploitation d'ascendances dynamiques) et 2500, 3500 voire 4500 mètres et plus (exploitation d'ascendances thermiques).

L'exploitation d'ondes de ressault (inexploitables pr la plupart des engins de vol libre en raison de la force trés importante du vent) permet au planeur d'atteindre des hauteurs trés importantes (entre 6 et 10 000 mètres). Dans ce cas, l'emport d'oxygène est une nécessité incontournable sans quoi le pilote souffrirait de troubles physiques important pouvant même mener à la mort.

Record d'altitude : les 14 000 mètres ont été dépassés en situation d'onde au dessus des montagnes rocheuses (+ de 10 000 mètres à la llagone dans les pyrénées orientales).

Quelle autonomie ?

L'autonomie d'un planeur (capacité à parcourir de grandes distances) est fonction de :

  1. Ses performances propres
  2. La hauteur dont il dispose à un instant T
  3. Les caractéristiques aérologiques de la masse d'air qu'il va traverser durant son périple :
      • ascendances (augmentent l'autonomie)
      • vent arrière (augmente l'autonomie)
      • descendances (diminuent l'autonomie)
      • vent de face (diminue l'autonomie)

     

Performances / Comparatif

Appareil
Poids à vide
Vitesse de vol
Taux de chute mini
Finesse
Charge alaire
Alongement
Planeur
300
80-300
0,5-1
22 à 60
30 à 50
20 à 50
Delta
30
30-100
0,75-1
10 à 15
6 à 8
7 à 15
Parapente
7
20-40
1-1,5
6 à 10
4 à 5
4 à 7

Un parapente peut monter plus vite dans une ascendance qu'un planeur. Grâce à sa basse vitesse de vol, il peut "Noyauter" le thermique (c'est à dire évoluer dans le coeur de l'ascendance jusqu'à +8 ou +10 m/s) dans une zone d'environ 50 m de diamètre alors que le planeur n'exploitera qu'une valeur de montée plus réduite (de l'ordre de 3 à 5 m / s) car son diamètre de "spirale" sera de 150 à 250 mètres.

Par contre, le planeur a une capacité à "transiter" (planer entre deux ascendances) bien plus importante.
Raison pour laquelle les distances couremment parcourues par les planeurs sont de l'ordre de 500 à 1000 km (record proche de 2000 km) alors que les parapentes ne parcourent que 50 à 150 km (record proche de 400 km).

Nostalgie

Un grand merci à nos ancètres.

 

Vous recherchez un site sympa pour apprendre à voler en planeur ? : L'aéroclub de la Montagne Noire

Pour tout complément d'information voyez le site de la Fédération Française de Vol à Voile

Page réalisée par Xavier JURE
Pilote de planeur et Directeur Technique de l'Ecole Toulouse Parapente

 

 

 

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